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Chrome OS ou comment révolutionner le concept même de système d’exploitation

14 décembre 2009

par Stéphane Vial

Comme tout le monde, j’ai entendu parler de Chrome OS, le système d’exploitation (révolutionnaire ?) à la naissance duquel travaille actuellement Google. Les premières images de l’OS, telles qu’on peut les voir ici, ne sont pas très attirantes, du point de vue du design. Toutefois, ainsi que le fait bien comprendre avec un humour certain la vidéo de présentation officielle, il y a dans Chrome OS une idée que je trouve assez géniale. Une idée qui se fonde sur un constat très simple mais très vrai : de nos jours, nous nous servons principalement de nos ordinateurs pour aller sur Internet, sur lequel nous trouvons ce que nous trouvions autrefois sur notre ordinateur, à savoir nos documents (Google Docs), nos favoris (Del.ico.us), nos vidéos (YouTube), notre musique (Deezer), nos images (FlickR), etc. Le problème, c’est qu’avant d’arriver sur Internet, les ordinateurs les plus rapides mettent en moyenne 45 secondes, le temps de charger tous les processus, les applications d’arrière-plan, les drivers, les mises à jour logicielles… Bref, en attendant que notre machine soit prête, on a le temps de se faire un sandwich, nous dit Google, et c’est vrai ! Tellement vrai que certains constructeurs de matériel informatique, comme Asus, ont déjà tenté de remédier à cela en incorporant dans leurs cartes mères un mini-OS basé sur Linux et nommé Express Gate, qui permet de disposer d’un navigateur web en moins de 5 secondes et permet ainsi de se dispenser de démarrer l’OS principal, trop long à charger.

Car notre besoin, ce n’est pas de charger tout un tas de programmes, c’est d’aller au plus vite sur le Web, répondre à nos mails et surfer sur nos sites préférés. Ce qui montre que nous faisons de plus en plus de l’informatique un usage de réseau, un usage réticulaire, un usage Internet. D’où l’idée de faire un nouveau système d’exploitation qui, dès le démarrage de l’ordinateur, propose un navigateur web immédiatement disponible et de repenser — ou re-designer — le système d’exploitation comme un navigateur, c’est-à-dire de faire du navigateur web le noyau central du système d’exploitation, et non une application parmi une centaine d’autres, bref de faire du navigateur l’interface elle-même. C’est l’idée de Chrome OS en tant que « système d’exploitation open source pour les gens qui passent la plupart de leur temps sur le web » (source). Et, il faut bien le dire, c’est une idée que je trouve assez géniale car je ne serais pas surpris que, dans quelques décennies, les OS grand public évoluent tous dans ce sens, tout simplement parce que l’informatique est en train d’aller dans les nuages, c’est-à-dire sur l’Internet. C’est ainsi, en tout cas, que j’interprète l’essor et le succès du « cloud computing », une tendance consistant à reprogrammer tout ce qu’on a pu inventer en termes d’applications informatiques jusqu’ici pour le mettre sur le web. Du coup, pourquoi se servir encore de ses applications locales ? Avec le nuage et l’iPhone, on a tout, partout, tout le temps, dans sa poche. D’ailleurs le fait que Google développe Androïd en même temps que Chrome OS prouve que la vision de l’informatique que Google est en train d’imaginer pour demain est celle qui a pour noyau le nuage Internet, autour duquel gravitent des périphériques de connexion très divers — PC sous Chrome OS, smartphone sous Androïd, iPhone, Netbook… — devant tous être capables de se connecter très rapidement au nuage.

Tout cela me rappelle une blague dont Tristan Nitot, si j’ai bonne mémoire, racontait un jour qu’elle circulait dans la communauté Mozilla : il était dit qu’on pouvait tellement tout faire avec Firefox qu’on pouvait considérer que l’OS n’était plus que le driver du navigateur. Sauf qu’aujourd’hui ce n’est plus une blague mais une réalité prochaine. Sur le ton de la plaisanterie, les gens de chez Mozilla avaient donc constaté avant Google la même évolution de l’usage : nos ordinateurs tendent à devenir des machines qui servent principalement à faire tourner des navigateurs et les applications tendent toutes progressivement à devenir des applications en ligne, d’ailleurs téléchargeables maintenant sur nos mobiles (AppStore, etc). Depuis la sortie de l’iPhone et de quelques autres smartphones qui tentent de l’égaler, tout cela n’en devient que plus vrai. Car, aujourd’hui, il est beaucoup plus facile et plus rapide de consulter ses e-mails dans un iPhone que sur un PC. Il suffit de 5 secondes sur iPhone contre 45 sur un PC. La belle affaire. Si Chrome OS voit le jour rapidement et s’avère bien conçu en termes d’interface, il pourrait donc bien en intéresser plus d’un. Il ne sortira en tout cas pas avant fin 2010 et seulement sur les Netbooks.

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billetpublié à 22:17 dans Analyses et réflexions    billetMots-clefs :, ,

2 commentaires

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  1. anonyme dit :

    A quoi bon gagner 40 secondes au démarrage si c’est pour ensuite être ralenti par des webapp ? On peut démarrer super vite un ordi qui a été mis en veille prolongée… Google os n’est pas une révolution, c’est juste un 3615 Google marketté faon XXIème siècle. La seule avancée pour le consommateur serait qu’il tire vers le bas le prix des licences de windows pour les netbook. Et ne l’oublions pas, un netbook avec un vrai disque dur ( pas un ssd de 4 go juste pour google os) permet d’avoir son propre « cloud » dans son sac à dos sans aller bouffer de la bande passante pour écouter sa musique. Ça c’est une révolution !

  2. Lionel dit :

    @anonyme : oui ton point de vue est intéressant. Moi même j’ai besoin d’accéder à mes données n’importe où et j’ai déjà pensé à emmener un pc portable avec moi et avec mes données dessus. Néanmoins, si je me le fais voler, je perds mes données. Je suis donc bien obligé de faire une sauvegarde de ces données quelque part (dans le « cloud » ou chez moi sur un second disque). Donc j’ai quand même fait le choix du « cloud » qui me permet par ailleurs d’accéder à mes données quand je suis à l’extérieur chez un ami par exemple et ce sans avoir à penser à emmener un ordinateur portable ou une mémoire portable quelconque.

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